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Littérature mondiale en français

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Cours

Littérature mondiale en français

Université

RUG

EC

5

Période

semester 2 (2017 - 2018)

Date d'inscription

- 07/01/2018

Lieu

RUG

Enseignants

Dr. Emmanuelle Radar (RU) Dr. Olivier Sécardin (UU) Dr. Jeanette den Toonder (RUG)

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Objectifs

Une connaissance approfondie du développement de la littérature en langue française et son rapport avec le monde. Une maîtrise des principaux concepts culturels et théoriques pour comprendre ce développement. La capacité de produire des textes (oraux et écrits) ciblés, structurés et documentés sur un cas précis,  en se basant sur une /plusieurs théorie(s) et en présentant une méthodologie.

Contenu

La publication du manifeste Pour une littérature-monde en français en 2007 a attiré l’attention sur la connotation négative du terme de francophonie, exprimant surtout une idéologie expansionniste, et sur la nécessité d’un décentrement du système littéraire français. À la suite des idées présentées dans ce manifeste, la littérature en langue française a été examinée dans des cadres et selon des paramètres divers, s’identifiant ou pas comme littérature postcoloniale ou transnationale. Ces réflexions récentes sur le rôle de la littérature en français à l’échelle mondiale seront considérées dans une perspective historique et théorique, afin de déterminer les racines de cette littérature – ou peut-être mieux ces littératures – et d’en comprendre leur développement. Ce cours propose d’étudier l’extraordinaire répertoire des francophonies mondiales en étudiant des exemples de textes littéraires en français produits dans le Québec, l’Afrique subsaharienne et la zone Caraïbe.

L’exemple de la littérature québécoise fait preuve d’un développement fascinant dans lequel l’héritage français se combine avec le nomadisme nord-américain, donnant lieu à des pérégrinations aventureuses et à des rencontres inattendues et souvent mystérieuses. Comme dans les romans d’apprentissage, les protagonistes de Nikolski (2005) de Nicolas Dickner, quittent le lieu de leur naissance pour chercher leur place dans le monde. Ils cherchent ainsi à combler un vide et deviennent des nomades dont les destins se croisent. Dans Ce qu’il reste de moi (2015) de Monique Proulx, le lecteur suit les aventures de personnages fort divers explorant un Montréal multiculturel et bigarré.  En remontant à l’arrivée des Européens en Nouvelle-France, Proulx suit les traces de Jeanne Mance (1606-1673), considérée comme cofondatrice de Montréal, afin de montrer comment les Montréalais du XXIe siècle s’adaptent à une vie qui change. Les itinérants, les autochtones, les communautés culturelles sont bien représentées dans cette mosaïque culturelle.

Traversons l’Atlantique pour nous tourner vers l’Afrique où a lieu un changement philosophique radical que vit la littérature. Aujourd’hui, bien des romans de l’Afrique sub-saharienne en français travaillent dans la relation et non plus seulement dans l’opposition entre ‘centre’ (Paris, l’hexagone) et ‘périphérie’ (l’univers francophone, les ex-marges de l’Empire). Ces œuvres dépassent dès l’abord la définition de francophonie décriée par les signataires du manifeste pour une littérature-monde. Il n’y a pas d’Afrique sans le monde et une partie de l’avenir planétaire se joue en Afrique. A partir de ces constats, les philosophes africains impulsent une réflexion sur de nouvelles relations planétaires.

Nous nous attacherons à dégager ces nouvelles relations mondiales à partir de deux romans. Pour commencer, nous lirons Verre cassé (2005), d’Alain Mabanckou (né à Pointe-Noire, République du Congo, 1966), sur base du concept d’afropolitanisme, tout en nous arrêtant à la forme, au plaisir du texte, à l’humour caustique et à la truculence du style. Mabanckou, auteur incontrourable (Mémoire de porc-épic, prix Renaudot 2006) et grand intellectuel reconnu aussi bien aux Etats-Unis où il enseigne depuis plusieurs années (UCLA) qu’en France où il est titulaire d’une chaire au Collège de France (2016), n’est certes pas le seul à tracer la voie d’une Afrique plurielle, mondiale et tournée vers le futur. L’écriture des femmes de la 3ème génération apporte elle aussi son éclairage sur les thématiques de la relation et de la mobilité planétaire. C’est à l’écriture de Scholastique Mukasonga (née au Rwanda en 1956, connue depuis Notre Dame du Nil, prix Renaudot 2012) que nous nous intéresserons dans un deuxième temps. Son récent Cœur tambour (2016) tisse une toile d’interconnections étonnantes et fascinantes entre moments historiques, lieux géographiques et pratiques culturelles, le tout à travers les pérégrinations d’un groupe musical et du tambour du titre. Y entrent en résonnance la poésie de Senghor, le reggae de Bob Marley, et le génocide du Rwanda. C’est aussi bien sur le contenu (l’afropolitanisme), que sur la forme que ces écrivains innovent. Mabanckou et Mukasonga, deux grandes plumes et deux ‘compagnons de route’ de l’afropolitanisme ? Telle est la question qui dirigera nos discussions.

Ces mêmes bases théoriques apporteront un éclairage au roman que nous lirons lors du voyage au Sénégal : Le Ventre de l’Atlantique (2003), ‘best-seller’ de Fatou Diome (née à Niodior, Sénégal, 1968).

Si l’on voyage maintenant un peu plus au Sud, le répertoire des littératures caribéennes francophones fournit très certainement toutes sortes d’interculturalités remarquables (Marie-Cécile Agnant, Jean Bernabé, Louis-Philippe Dalembert, Roland Brival, Maryse Condé, Daniel Maximim ou encore Gisèle Pineau en sont peut-être les représentants les plus connus). Il sera ici circonscrit aux écrivains suivants – Fanon (1925- ), Chamoiseau (1953- ), Confiant et Laferrière (1953- ). Pour au moins deux raisons : d’une part leur collaboration féconde pour deux d’entre eux (on se souvient de l’Éloge de la créolité cosigné par Chamoiseau, Confiant et Bernabé en 1989) ; d’autre part parce que ces écrivains s’inscrivent peut-être plus que d’autres dans le temps long de la modernité (post)coloniale francophone. On peut même parler ici d’une sorte de généalogie ou diaspora intellectuelle : Chamoiseau lit Confiant qui lit Bernabé qui lit Glissant qui lit Fanon qui lit Césaire, etc.

Ces auteurs ne sont pas seulement des romanciers ou des écrivains appartenant à la même génération, ce sont des intellectuels engagés et pour la plupart d’entre eux des leaders politiques, défenseurs des droits civiques, militants de la décolonisation. Chacun à sa manière et à des degrés divers incarne le tournant postnationaliste du postcolonialisme antillais : en célébrant l’hybridité culturelle et linguistique comme fondation post-identitaire et en engageant cette ambivalence sur le terrain politique.

N.B.: Le voyage à Dakar aura lieu sous réserve de finances disponibles.

Évaluation

Participation active au cours
Présentation orale (20 minutes)
Travail final (5000 à 6000 mots, analyse littéraire précédée d’un cadre historique et théorique)

Programme provisoire

06/04/2018

Le Canada français : la littérature québécoise comme zone de contact.

10.00 – 13.00 :  Lieux de rencontre et de transition : espaces liminaires et zones de contact dans Nikolski (2005).

14.00 – 17.00 : La mosaïque culturelle de Montréal dans Ce qu’il reste de moi (2015).

20/04/2018

L’Afrique subsaharienne : L’Afrique à venir ou la réflexion sur de nouvelles relations planétaires

10.00 – 13.00 : Afropolitanisme et humour dans Verre cassé d’Alain Mabanckou (2005)

14.00 – 17.00 : Afropolitanisme et écriture après le désastre dans Cœur tambour de Scholastique Mukasonga (2016)

30/04/2018-04/05/2018: voyage au Sénégal, Université de Dakar

Afropolitanisme dans Le Ventre de l’Atlantique de Fatou Diome (2003)

18/05/2018

La zone Caraïbe :

10.00 – 13.00 : Situation des Antilles francophones : langues – identités – cultures.

14.00 – 17.00 : Penser et vivre les interculturalités aujourd’hui : Chamoiseau et Laferrière.

 01/06/2018

Étudiants présentent leur recherche

Conclusion du cours

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